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Initiez-vous à l’Histoire de l’Art ! ????

Encore un peintre voyageur pour oublier le confinement…

Thomas, professeur à l’atelier d’arts plastiques et conférencier, vous propose cette semaine deux œuvres de Caspar David Friedrich (1774-1840).

Un vrai randonneur celui-là, un wanderer comme on dit en allemand !

Caspar David Friedrich a été une star à son époque, apprécié du Tsar et du roi de Prusse, adulé par Goethe et Schiller….Pourtant il fut un original, un solitaire arpentant sans relâche la Bavière, la côte Balte, les Alpes polonaises par tous les temps. Le plus grand peintre allemand fini dans un délire paranoïaque, hanté par des ombres menaçantes, en mystique gothique et visionnaire.
 
???? Bateau dans la brume (1808)
Le sublime romantique est un vertige de l’absolu, de l’irreprésentable, du vide. Peut-on peindre l’invisible ? Le bateau est là, dans la brume, inquiétant, menaçant peut être…Impossible d’en distinguer les détails.
Ni ciel, ni mer, un simple espace gris-blanc, vide…Un premier plan et rien ensuite…La lumière du soleil, splendide, pointe sous la brume.
D’ailleurs, est-ce qu’il part ou arrive, ce bateau ? La chaloupe emporte ou débarque les passagers ? Impossible à dire, à chacun de décider. Une balise gît à l’avant-plan, symbole de détresse peut être…Tout est toujours symbolique chez Friedrich !
 
???? Porche en ruine au Riesengebirge (1813)
L’aube est sublime, le ciel est d’or, de fins nuages s’évaporent. Le contre-jour assombrit les formes sur la terre. Une brume légère en dégradé subtil rend visible la perspective des montagnes. La lisibilité du paysage classique est inversée là aussi, les premier plans sont obscurs. Pourtant, on y distingue des minuscules personnages, un homme avec une canne, un domaine, un cheval à droite, et des ruines… et un porche gothique au centre, c’est le sujet du paysage. Cet arc se dresse comme le signe d’un passé lointain, d’un cosmos oublié, hiéroglyphe d’un autre temps, fatal…
Ruine impossible, elle est une pure invention du peintre, bien sûr, et n’a jamais existé dans le Riesengebirge (Monts des Géants).
En hommage à Gisèle Mallot-Lévy, décédée récemment, qui aimait beaucoup, comme Friedrich, cette partie des Alpes et y avait randonné.